A propos de l'exposition

L’exposition « 100 ans de multilatéralisme à Genève » retrace les grandes étapes de la coopération multilatérale et les principaux succès obtenus grâce à celle-ci. Au travers de 20 panneaux recto-verso, elle vise à susciter une réflexion sur l'évolution de la coopération internationale et sur son rôle dans le monde d’aujourd'hui.

L’exposition met en lumière les multiples facettes du multilatéralisme et souligne le rôle de Genève dans l'évolution de la coopération multilatérale au cours du siècle qui vient de s’écouler. Elle permet également de comprendre comment la ville est devenue une plateforme multilatérale incontournable où les acteurs internationaux peuvent se réunir pour se concerter et trouver des solutions communes aux défis mondiaux.

Cette exposition est présentée par la Bibliothèque et Archives de l’ONU Genève pour célébrer les 100 ans du multilatéralisme à Genève. Elle est organisée avec le soutien de la République et du Canton de Genève, de la Ville de Genève et de la Fondation pour Genève. Les panneaux seront exposés dans plusieurs lieux afin de permettre aux visiteurs d’accéder gratuitement à l’histoire du multilatéralisme à Genève.

*** Une version virtuelle de l'exposition est également disponible ici. Cette initiative a été lancée afin de permettre au plus grand public d’avoir accès au contenu des panneaux en tenant compte des mesures sanitaires liées au COVID-19. ***

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La version physique de l'exposition

Vous trouverez ci-dessous tous les détails sur les lieux ainsi que sur les dates de l’exposition de panneaux « 100 ans de multilatéralisme à Genève ».

Place des Nations
Date: 12 - 30 Octobre
Comment y arriver



Plus d’informations / Le saviez-vous?

Vous voulez en savoir plus sur le contenu de l’exposition ? Cliquez sur le titre de chaque panneau ci-dessous pour avoir plus d’informations !

La Société des Nations (SdN) est la première organisation internationale créée pour promouvoir la coopération internationale et maintenir la paix. Son document fondateur, le Pacte de la Société des Nations, voit le jour lors de la Conférence de paix de Paris en 1919. L’année suivante, l’organisation s’installe sur les bords du lac Léman. En dépit des espoirs suscités par sa création, la SdN ne parvient pas à empêcher le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et elle est dissoute en 1946. Si elle a pendant longtemps été résumée à un échec, l’expérience de la Société a fait l’objet d’un regain d’attention au cours des dernières années. Aujourd’hui, les historiens tendent à adopter une approche plus nuancée et mettent en exergue le caractère précurseur d’une organisation qui a posé les jalons du système international dans lequel nous vivons aujourd’hui.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Genève est une ville cosmopolite jouissant d’une tradition internationale profondément ancrée dans son histoire. Elle accueille déjà le siège du Comité International de la Croix-Rouge (CICR). Surtout, la ville n’est pas un grand centre politique et elle est située dans un pays neutre qui n’a pas participé au conflit. On considère qu’elle offre des conditions favorables pour que tous les États puissent se rencontrer sur un pied d’égalité, en mettant de côté les antagonismes de la Grande Guerre.

Saviez-vous que lors de la rédaction du Pacte deux villes ont été prises en considération pour accueillir le siège de la SdN ? Il s’agissait de Genève et Bruxelles. Finalement, le choix se porte sur la ville suisse.

Au sein de la Société des Nations, tous les États disposent d’une voix, indépendamment de leur poids politique, économique ou démographique. Les décisions sont prises à l’unanimité. L’Assemblée réunit tous les membres de l’organisation en session ordinaire une fois par an tandis que le Conseil, qui est composé de membres permanents et non-permanents, se réunit trois à quatre fois par an. Les deux organes peuvent également se réunir à tout moment en session extraordinaire, notamment en cas de crise. Les séances sont publiques, c’est-à-dire que les journalistes peuvent assister aux travaux diplomatiques. À l’époque, c’était du jamais vu.

L’article 7 du Pacte de la Société des Nations (SdN) énonce que « toutes les fonctions de la Société ou des services qui s'y rattachent, y compris le secrétariat, sont également accessibles aux hommes et aux femmes ». Même si l’application de cette disposition ne répondra pas aux attentes, elle est à l’époque extrêmement innovante. La Société est également précurseur des Nations Unies dans de nombreux domaines d’activité, comme dans celui de la coopération économique et financière, de la santé ou de la protection des réfugiés. Certaines de ses activités sont transférées à l’ONU après la Seconde Guerre mondiale. À titre d’exemple, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a repris de nombreuses fonctions exercées auparavant par l’Organisation d’Hygiène de la SdN tandis que l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) continue le travail amorcé par l’Organisation de coopération intellectuelle.

Comme son nom l’indique, l’hôtel National, le bâtiment dans lequel le Secrétariat de la SdN s’installe en 1920, est une ancienne structure hôtelière. Les séances de l’Assemblée se tiennent dans la salle de la Réformation de 1920 à 1929 et dans le Bâtiment électoral de 1930 à 1936. Aujourd’hui, ces bâtiments n’existent plus. Une plaque commémorative installée rue du Rhône indique l’endroit où se trouvait la salle de la Réformation, tandis que le bâtiment de l’université UniDufour situé en bordure de la plaine de Plainpalais se trouve sur l’emplacement du Bâtiment électoral. La première Assemblée se tient dans le Palais des Nations en 1937, un an après que le Secrétariat y a emménagé.

La première pierre du Palais des Nations est posée en septembre 1929 et les travaux de construction sont achevés en 1938. Les chiffres du nouveau siège de la SdN sont impressionnants : la superficie du bâtiment est près de 17'500 m2 pour un volume de 440'000 m3. On compte 1’700 portes, 1’900 radiateurs, 23 kilomètres de câbles électriques, 17 kilomètres de tuyauterie, 21 ascenseurs. À l’origine, le Palais des Nations devait voir le jour sur des terrains bordant le lac. Cependant, suite à une généreuse donation pour doter le siège de la SdN d’une Bibliothèque, il avait fallu trouver un autre emplacement plus grand. Le bâtiment est finalement construit sur le parc de l’Ariana, dont la superficie était à l’époque de 25 hectares.

L’Organisation internationale du Travail (OIT) est créée lors de la Conférence de paix de Paris et installe son siège à Genève en 1920. La première Convention adoptée par la Conférence internationale du Travail fixe la durée de travail dans l’industrie à huit heures par jour. En 1944, la Conférence internationale du Travail adopte la Déclaration de Philadelphie, qui réaffirme les objectifs de l’OIT à la sortie du second conflit mondial et continue d'en inspirer les travaux aujourd’hui : « tous les êtres humains, quels que soient leur race, leur croyance ou leur sexe, ont le droit de poursuivre leur progrès matériel et leur développement spirituel dans la liberté et la dignité, dans la sécurité économique et avec des chances égales. » En 2019, l’OIT a célébré ses 100 ans d’existence.

Certaines conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sont parfois appelées « normes fondamentales du travail ». Il s’agit de la Convention sur le travail forcé (1930) ; de la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (1948) ; de la Convention sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949) ; de la Convention sur l’égalité de rémunération (1951) ; de la Convention sur l’abolition du travail forcé (1957) ; de la Convention concernant la discrimination (1958) ; de la Convention sur l’âge minimum (1973) ; de la Convention sur les pires formes de travail des enfants (1999).

L’installation de la Société des Nations a contribué à rendre Genève un centre de négociations multilatéral où de nombreux instruments internationaux ont été préparée ou ont vu le jour. C’est pourquoi le nom de la ville est associé à plusieurs traités, conventions, accords ou rencontres diplomatiques. Parce qu’elle est une plateforme multilatérale unique en son genre, Genève soutient le développement du droit international, dont le rôle est déterminant pour organiser la vie internationale, promouvoir le développement économique et social, et consolider la paix.

La Commission du droit international (CDI) promeut le développement progressif et la codification du droit international. Elle est composée d’experts qui siègent à titre individuel et non pas en tant que représentants de leurs gouvernements respectifs. La CDI remplit une double fonction. D’un côté, elle peut proposer des projets d’accords internationaux sur des sujets qui ne sont pas encore réglés par le droit international ou pour lesquels le droit n’est pas encore suffisamment développé. De l’autre, elle peut formuler avec plus de précision ou systématiser les règles du droit international dans des domaines dans lesquels il existe déjà une pratique étatique considérable, des précédents et des opinions doctrinales.

Le Protocole concernant la prohibition d'emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques est signé à Genève en 1925. Souvent connu sous le nom de « Protocole de Genève », il interdit l’utilisation d’armes chimiques et biologiques en temps de guerre et il est considéré comme l’un des premiers succès multilatéraux dans le domaine du contrôle des armements. Ratifié par plus de 140 pays, le Protocole de Genève est toujours en vigueur aujourd’hui. Depuis 1945, l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté plusieurs résolutions appelant les Etats à respecter ses dispositions.

Aujourd’hui, une grande partie des négociations multilatérales concernant le contrôle, la limitation ou la diminution des armements ont lieu à Genève. Que ce soit pour la non-prolifération nucléaire, les armes biologiques, l’interdiction de placer des armes dans l’espace ou interdire des catégories d’armements comme les mines antipersonnelles, le spectre des discussions qui s’y tiennent est très vaste.

Saviez-vous que des discussions ont également lieu à Genève sur de nouvelles armes, telles que les « killer robots », des systèmes d’armements pouvant ouvrir le feu sans intervention humaine?

Fridtjof Nansen est une des grandes figures de la Société des Nations (SdN). Explorateur et océanographe avant d’être nommé représentant de la Norvège à la SdN, il est chargé en 1920 de superviser le rapatriement des prisonniers de guerre depuis la Russie. En 1921, il est nommé Haut-Commissaire pour les réfugiés. Jusqu’à sa mort en 1930, Nansen œuvre corps et âme pour la protection des réfugiés russes, arméniens, Assyro-Chaldéen, turcs et assimilés. En son honneur, l’organisme de la SdN créé en 1930 pour l’assistance aux réfugiés est nommé Office international Nansen pour les réfugiés.

Les réfugiés sont des personnes qui se trouvent hors de leur pays d’origine en raison d’une crainte de persécution, de conflit, de violence ou d’autres circonstances qui ont gravement bouleversé l’ordre public. Le statut de réfugié leur est accordé précisément parce qu’il est trop dangereux pour elles de retourner dans leur pays et qu’elles ont donc besoin de trouver refuge ailleurs. Le « non-refoulement » est un des principes fondamentaux pour la protection des réfugiés. La Convention de 1951 stipule que les Etats ne doivent pas expulser ou refouler « un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. »

Saviez-vous que chaque année la distinction Nansen pour les réfugiés est décerné à des personnes, des groupes ou des organisations pour rendre hommage à leur action en faveur de la protection des réfugiés, des déplacés et des apatrides?

Les travaux de rédaction de la Déclaration Universelle des droits de l’homme ont été menés sous la présidence de Eleanor Roosevelt, veuve de l’ancien président américain Franklin Delano Roosevelt et représentante des États-Unis à la Commission des droits de l’homme des Nations Unies. Eleanor Roosevelt va ainsi jouer un rôle important pour faire avancer les négociations. À propos des discussions qui se sont tenues à Genève en décembre 1947, elle écrira plus tard que, pour terminer les travaux dans les temps, les membres de la Commission des droits de l’homme avaient accepté de prolonger les réunions dans la soirée pendant plusieurs jours. Quand un des représentants se plaignit auprès de la présidente que la commission ne tenait pas compte des droits de l’homme de ses membres, Eleanor Roosevelt rappela que la décision avait été acceptée à l’unanimité. Un autre délégué intervint en affirmant qu’un des premiers droits de l’homme était de tenir sa parole. Les travaux furent terminés comme prévu.

Genève est au cœur des discussions multilatérales concernant les droits de l’homme. Le Conseil des droits de l’homme (CDH) est un organe intergouvernemental – c’est-à-dire composé de représentants gouvernementaux – réunissant 47 États élus par l’Assemblée générale des Nations Unies. Un des instruments les plus innovants dont il dispose est un processus appelé Examen périodique universel (EPU). L’EPU permet d’examiner le bilan des droits de l’homme de tous les 193 États membres de l’ONU. Il offre la possibilité à chaque État de présenter les mesures adoptées pour améliorer la situation et pour remplir ses obligations en matière de droits de l’homme. Des recommandations peuvent aussi être adressées aux États examinés en vue de renforcer les pratiques et les politiques en matière de droits de l’homme.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) est la principale entité des Nations Unies en matière de droits de l’homme. Il compte plus de 1300 fonctionnaires et il est dirigé par un Haut-Commissaire aux droits de l’homme (en 2020, Michelle Bachelet). Le HCDH est le premier responsable de la promotion et de la protection des droits de l’homme au sein des Nations Unies. Il œuvre à la protection des droits de l’homme pour tous, contribue à donner aux personnes la possibilité d’exercer leurs droits et aide les responsables chargées de faire respecter ces droits à veiller à leur application. Le HCDH soutient les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies, comme le Conseil des droits de l’homme, offre une assistance technique aux gouvernements et promeut le respect des traités internationaux sur les droits de l’homme.

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde de plus en plus connecté. Par exemple, chaque jour nous utilisons des objets reliés à des satellites. On y réfléchit rarement, mais que se passerait-il s’il n’existait pas de mécanismes multilatéraux pour gérer le spectre des fréquences radioélectriques ou les orbites des satellites ? Sans coordination internationale, les interférences rendraient sans doute les communications impossibles et les satellites risqueraient constamment d’entrer en collision entre eux. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de faciliter la coopération multilatérale dans le domaine des communications et de l’information.

Saviez-vous que les préfixes téléphoniques internationaux – comme le +41 pour la Suisse, +44 pour le Royaume-Uni ou +86 pour la Chine – ont été adoptés grâce à l’Union internationale des télécommunications (UIT)?

La propriété intellectuelle est protégée par la législation nationale de chaque pays. Cela implique qu’un inventeur doit multiplier les démarches pour obtenir une protection mondiale. L’Organisation internationale de la protection intellectuelle (OMPI) facilite la protection des marques, des brevets et des dessins industriels à l’échelle internationale. Elle contribue également à la protection des appellations d’origine et les indications géographiques. L’Acte de Genève de l’Arrangement de Lisbonne sur les appellations d’origine et les indications géographiques garantit une protection dans plusieurs pays moyennant une procédure unique. Ce système a été par exemple utilisé pour protéger le jambon de Parme (Prosciutto di Parma), le cristal de Bohême (Český Křišťál) et la céramique de Chulucanas.

Saviez-vous que les panneaux de signalisation routière ont fait l’objet de plusieurs conventions internationales ? En permettant l’adoption d’un système uniforme de signalisation routière, la Convention signée à Genève en 1931 visait à augmenter la sécurité du trafic par route et faciliter la circulation routière internationale. Elle stipulait notamment que les signaux de danger devaient être de forme triangulaire tandis que ceux signalant une prescription absolue devaient être circulaire. Ces efforts sont par la suite poursuivis par les Nations Unies. En 1949, la Conférence des Nations Unies sur les transports routiers et les transports automobiles qui se tient à Genève aboutit à la signature de la Convention sur la circulation routière.

La Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) est créée en 1947 par le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC). Elle est une des cinq commissions économiques régionales de l’ONU. Aujourd’hui, la CEE-ONU est composée de 56 Etats membres de l'Union européenne (UE), d’Europe de l’Ouest et de l'Est hors UE, d’Europe du Sud-Est, de la Communauté des Etats indépendants (CEI) et de l'Amérique du Nord. La CEE-ONU a pour mission de faciliter une action concertée pour le développement et l’intégration économiques de l’Europe, de relever le niveau de l’activité économique, ainsi que de maintenir et de renforcer les relations économiques des pays membres, tant entre eux qu’avec les autres pays du monde. La CEE-ONU permet l’élaboration et l’adoption de normes multilatérales dans de nombreux domaines afin de favoriser les échanges entre les pays membres.

Saviez-vous que le calibre des pommes que nous trouvons dans les supermarchés, aux marchés et chez les vendeurs de fruits a été adopté grâce à la CEE-ONU?

L’action des Nations Unies pour favoriser le développement économique repose sur la conviction que l'élimination de la pauvreté et l'amélioration des conditions d'existence sont nécessaires pour construire une paix durable. Dans cette perspective, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) s'efforce de promouvoir l’intégration des pays en voie de développement dans l'économie mondiale afin d'augmenter leurs possibilités de commerce et de développement. La CNUCED collabore également avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour favoriser les exportations des pays en développement par le biais du Centre du commerce international (CCI), une agence conjointe dont le siège est à Genève.

La règlementation du commerce mondial permet de renforcer la stabilité des échanges internationaux en les rendant plus prévisibles. Les efforts multilatéraux dans ce domaine contribuent à soutenir la confiance entre les différents partenaires commerciaux. L’adoption d’un système de règles communes doit contribuer au développement d’un monde économique plus prospère, plus pacifique et plus responsable. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) est une organisation « affiliée » aux Nations Unies, c’est-à-dire qu’elle ne fait pas partie du système de l’ONU mais qu’elle y est reliée par des accords spéciaux. Composée de 164 Etats membres, l’OMC œuvre pour réduire les obstacles au commerce international en servant notamment de cadre pour les négociations commerciales et pour le règlement des différends commerciaux.

Le commerce international est également au cœur du travail du Centre du commerce international (ITC), qui est l’unique agence internationale totalement dédiée au développement des petites et moyennes entreprises. Etabli en 1964, le Centre du commerce international est l’agence conjointe de l’Organisation Mondiale du Commerce et des Nations Unies.

Saviez-vous que le bâtiment où siège l’OMC a été construit pour accueillir l’Organisation mondiale du Travail (OIT) en 1926?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prépare des travaux scientifiques sur lesquels les dirigeants mondiaux peuvent s’appuyer pour prendre des décisions multilatérales afin de lutter contre les changements climatiques. Par exemple, le rapport spécial adopté en septembre 2019 sur l’océan et la cryosphère – c’est-à-dire les régions gelées de notre planète – présente de nouvelles preuves soulignant la nécessité de limiter le réchauffement planétaire conformément à l’objectif fixé par l’Accord de Paris de 2015. Le rapport met en lumière les bénéfices d’une adaptation ambitieuse et efficace au profit du développement durable par rapport à l’inaction, qui à l’inverse, ne peut qu’engendrer des coûts et des risques toujours plus élevés.

Le GIEC a été établit sous les auspices du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM). L’OMM, dont le siège se trouve à Genève, fournit un cadre pour favoriser la coopération multilatérale dans les domaines de la météorologie, de la climatologie et de l’hydrologie, en facilitant l’observation, l’échange d’informations, la recherche, les prévisions météorologiques, l’alerte précoce, le développement des capacités et la surveillance des gaz à effet de serre.

En permettant une action collective, coordonnée et constante, le multilatéralisme est indispensable pour lutter contre les changements climatiques. Au-delà des décisions prises par les gouvernements, nous pouvons tous contribuer à limiter les émissions de gaz à effet de serre. La campagne « Agissons » vise à informer le public et à encourager les actions individuelles. En comprenant l’impact que nos choix ont sur l’environnement et changeant nos habitudes de consommation, chacun de nous peut contribuer concrètement à lutter contre les changements climatiques.

A l’heure de la mondialisation, les flux migratoires posent des défis qu’il est nécessaire d’affronter de manière coordonnée. Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières adopté en 2018 reconnaît que les migrations peuvent à la fois poser des difficultés et être des facteurs de prospérité, d’innovation et de développement durable. La coopération multilatérale doit favoriser l’adoption d’une démarche globale pour optimiser les avantages de la migration, tout en tenant compte des risques et des difficultés auxquels elle donne lieu pour les individus et les communautés des pays d’origine, de transit et de destination. L’Organisation internationale des migrations (OIM) est aujourd’hui la principale organisation intergouvernementale dans le domaine de la migration. Elle siège à Genève et est affiliée au système des Nations Unies depuis 2016. En réunissant 173 Etats membres, l’OIM travaille en étroite collaboration avec les partenaires gouvernementaux, intergouvernementaux et non-gouvernementaux pour aider à assurer la gestion humaine et ordonnée des migrations, à promouvoir la coopération internationale sur les questions de migration, à favoriser la recherche de solutions pratiques aux problèmes de migration et à fournir une assistance humanitaire aux migrants dans le besoin.

Genève joue un rôle central dans le domaine de l’aide humanitaire. Par exemple, le HCR assiste les réfugiés et les personnes déplacées dans de nombreuses régions du monde. Cette assistance se matérialise notamment par l’acheminement et la distribution de nourriture ainsi que de matériel indispensable, comme des tentes, des couvertures, des bâches, des ustensiles de cuisine ou des moustiquaires. Aujourd’hui, les situations d’urgence mobilisent une multitude d’acteurs, comme les organisations gouvernementales, les organisations internationales et les organisations non-gouvernementales (ONG). Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) favorise depuis Genève la coordination des acteurs du secteur humanitaire pour apporter une réponse cohérente aux situations d’urgence. L’OCHA offre des services de gestion de l’information, contribue à l’adaptation du système humanitaire international aux défis mondiaux, travaille pour mobiliser les ressources afin de répondre aux besoins humanitaires, plaide pour attirer l’attention sur les crises oubliées et favoriser le respect du droit international humanitaire.

La coopération internationale dans le domaine de la santé remonte au XIXe siècle. Cependant, la constitution de l’Organisation d’hygiène de la Société des Nations (SdN) représente une étape importante pour son institutionnalisation. L’Organisation d’hygiène met par exemple en place un système d’information épidémiologique visant à faciliter l’échange d’informations entre les pays pour limiter la propagation de certaines maladies infectieuses et mettre en œuvre de mesures sanitaires préventives. Elle favorise également la recherche pour lutter contre certaines maladies, comme le paludisme, la polio et le cancer. Dans le domaine de la standardisation biologique, elle permet la création d’étalons de référence pour des vaccins, des sérums et des vitamines. L’activité de l’Organisation d’hygiène ouvre la voie à la création de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 1948.

Saviez-vous que Ludwik Rajchman, le directeur de la Section d’hygiène du Secrétariat de la SdN de 1921 à 1939, est considéré un des pères fondateurs de l’UNICEF?

« La pandémie de COVID-19 est une tragédie qui vient nous rappeler à quel point nous sommes unis les uns aux autres. Ne connaissant pas de frontières, le virus nous lance, par sa nature, un défi planétaire. Pour le combattre, il nous faut œuvrer, ensemble, comme une même famille humaine » : c’est avec ces mots que le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres a rappelé l’importance de la coopération multilatérale dans le domaine de la santé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) joue un rôle central pour coordonner l’action internationale afin de lutter contre la propagation du virus.

Saviez-vous que Genève abrite également le siège de Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONU-SIDA)? ONU-SIDA s’appuie sur l’expérience et l’expertise de 11 organismes du système des Nations Unies afin de mettre fin à l’épidémie de SIDA. C’est la seule entité des Nations Unies dont l’organe de direction compte des représentants de la société civile.

Le Mouvement international de la Croix-Rouge est constitué de trois composantes principales : le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) et les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Le CICR est une organisation neutre et indépendante qui voit le jour lors de la Conférence internationale de Genève de 1863. Un an plus tard, la première Convention de Genève « pour l’amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne » est adoptée. La Convention de Genève de 1864 est un tournant pour le développement du droit international humanitaire, qui va continuer à évoluer avec les Conventions de Genève de 1906, 1929 et 1949 et les Protocoles additionnels de 1977.

Saviez-vous que le Revue internationale de la Croix-Rouge a fêté ses 130 ans d’existence en 2019?

La première résolution concernant la fondation d’un Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN) est adoptée en décembre 1951 lors d’une réunion intergouvernementale de l’UNESCO qui se tient à Paris. En 1952, lors de la troisième session du Conseil provisoire, Genève est désignée pour accueillir le siège de l’organisation. En juin 1953, la population du canton de Genève confirme ce choix par voie référendaire. Deux ans plus tard, les travaux de construction commencent sur le site de Meyrin en présence de personnalités officielles du canton de Genève et des représentants du CERN.

Saviez-vous que le Grand collisionneur à Hadron (LHC) du CERN est l’accélérateur de particules le plus grand et le plus puissant jamais construit ? Il consiste en un anneau de 27 kilomètres de circonférence construit à 100 mètres sous terre.

Le Conseil économique et social (ECOSOC) est un des six organes principaux de l’ONU. Il se réunit un fois par an, en alternance à New York et à Genève. Sa principale fonction est de coordonner l’action des entités qui font partie du système des Nations Unies dans le domaine économique et social. L’ECOSOC est un forum de dialogue qui vise à promouvoir le développement social et économique, la santé, la culture et l’éducation ainsi que le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Il est composé de 54 États membres élus par l’Assemlée générale et plus de 3200 organisations non-gouvernementales (ONG) y sont accréditées.

De nombreuses organisations siégeant à Genève ont été lauréates du prix Nobel de la paix. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est la seule organisation à recevoir le prix à trois reprises, en 1917, 1944 et 1963. Son fondateur, Henry Dunant, est co-lauréat du premier prix Nobel de la paix en 1901. L’année suivante, c’est un autre Genevois, Élie Ducommun, qui est désigné par le Comité Nobel. Les artisans de la Société des Nations sont également récompensés: le président des États-Unis Woodrow Wilson en 1919, le Français Léon Bourgeois en 1920 et le Britannique Lord Robert Cecil en 1937. En 1945, le Secrétaire d’État des Etats-Unis Cordell Hull, se voit décerner le prix pour son rôle dans la création des Nations Unies. Ralph Bunche, est lauréat en 1950 pour ses efforts en tant que médiateur des Nations Unies en Palestine. En 1957, l’ancien président canadien de l’Assemblée générale Lester Bowles est récompensé pour sa contribution au déploiement de la première opération de casques bleus.

Saviez vous que deux Secrétaires généraux des Nations Unies sont lauréats du prix Nobel de la paix ? Il s’agit de Dag Hammarskjöld en 1961 (à titre posthume) et de Kofi Annan, conjointement avec les Nations Unies, en 2001.

Le terme « esprit de Genève » est popularisé par l’ouvrage homonyme de Robert de Traz paru en 1929. Il se réfère généralement à la vocation internationale de la ville et aux efforts multilatéraux qui y sont déployés en faveur de la paix. Ces derniers sont souvent associés aux grandes rencontres diplomatiques pour prévenir les conflits ou mettre fin à des hostilités. Pourtant, l’action en faveur de la paix qui prend forme à Genève est bien plus globale. Elle passe par la promotion des droits fondamentaux, de la santé globale, de l’information et des communications, mais aussi par le développement économique et social, l’assistance humanitaire, la règlementation du commerce, la gestion des flux migratoires : tous des éléments essentiels afin de créer les conditions pour bâtir la paix.

Comment peut-on résoudre les différends sans se parler ? Avec l’installation de la Société des Nations, Genève devient une plateforme de dialogue multilatérale. Au cours des cent dernières années, la ville a accueilli de nombreuses rencontres, officielles et parfois officieuses. Par exemple, en 1954 une conférence qui se tient dans la salle du Conseil du Palais des Nations aboutit à la conclusion d’une série d’accords mettant fin à la guerre d’Indochine. L’année suivante, les chefs de gouvernements des grandes puissances s’y rencontrent pour ce qui est connu sous le nom de Sommet de Genève. C’est toujours dans la même salle qu’en 1988 les accords sur le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan sont signés. Au cours des dernières années, de nombreuses discussions et rencontres ont eu lieu au Palais des Nations pour trouver des solutions de sortie de crise. Il s’agit souvent d’un travail complexe et de longue haleine. Cependant, ces efforts sont indispensables pour mettre fin aux conflits.

Les Nations Unies forment une composante importante de la « Genève internationale », qui désigne l’écosystème unique constitué par la présence de nombreuses organisations internationales, non gouvernementales et privées. La Genève internationale est composée par une multitude d’acteurs : des fonctionnaires, des délégués, des diplomates, des experts, des membres de la société civile ainsi que des chercheurs et des universitaires. La coopération entre tous ces composantes est fondamentale pour affronter les défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.

Saviez-vous que l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) siège à Genève ? L’UNITAR est un des principaux instruments des Nations Unies au service de la formation et donne les moyens aux personnes, aux administrations publiques et aux organisations, de relever efficacement les défis mondiaux contemporains à travers la connaissance et l’apprentissage.

Au-delà de celles qui y ont établi leur siège, beaucoup d’organisations internationales sont présentes à Genève avec des bureaux de liaison. En ce qui concerne le système des Nations Unies, le travail dans la ville suisse se concentre autour de plusieurs grands domaines d’activités, comme la protection des droits de l’homme, le développement économique et social, le désarmement, la santé, l’assistance humanitaire et le développement du droit international.

Dans un monde de plus en plus interconnecté et interdépendant, le multilatéralisme est une nécessité. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des défis mondiaux qu'aucun pays ne peut résoudre seul. Le dialogue, l’inclusion et la coordination de l’action de l'ensemble des acteurs internationaux sont les principes fondamentaux d’un système multilatéral dans lequel Genève joue un rôle central.

Le multilatéralisme a constamment évolué depuis l’établissement de la Société des Nations – qui a été la première organisation multilatérale mondiale - et il traverse aujourd’hui une période de transition. L’expérience des cent ans de coopération multilatérale à Genève est aussi unique qu’importante pour construire ensemble le multilatéralisme du futur.

Saviez-vous que vous pouvez participer à la discussion mondiale sur le multilatéralisme du futur ? À l’occasion de son 75e anniversaire, l’ONU a lancé une enquête afin de susciter la réflexion et de permettre à tous d’apporter leur contribution au dialogue sur la coopération internationale. Participez à la campagne ici.

Genève joue un rôle important pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Les 17 ODD donnent la marche à suivre pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous. Ils répondent aux défis mondiaux auxquels nous sommes confrontés, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice. Les objectifs sont interconnectés et fixent des objectifs à atteindre d’ici à 2030.

Saviez-vous que vous pouvez contribuer à atteindre les ODD? Regardez ici.

Savez-vous qu’il y a six langues officielles aux Nations Unies ? Il s’agit de l’anglais, l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe. Hormis quelques rares exceptions, un délégué ou une déléguée souhaitant prendre la parole lors d’une séance doit le faire en s’exprimant dans une de ces six langues. Les documents sont quant à eux traduits dans toutes les langues officielles. Les interprètes – qui traduisent les discours, parfois même dans la langue des signes – et les traducteurs – qui traduisent les textes – contribuent à la coopération multilatérale. En 2019, les services de traduction de l’ONU Genève ont traduit plus de 79 millions de mots tandis que plus 3200 réunions ont eu lieu avec interprétation.